Dentelles de Bruxelles

Dans la grande famille des textiles, la dentelle n’est ni un tissage, ni un filet brodé, ni un macramé. Elle est un textile ajouré indépendant de tout support, qui orne les costumes pour rehausser les chemises en lin de manchettes et de somptueux cols, les jupes et les corsages de volants aériens. 

La dentelle est souvent désignée par le nom de la ville dont elle provient : Bruxelles, Malines ou Binche pour nos régions. Chacune a ses caractéristiques propres, toutes se réalisent de préférence aux fuseaux. 

Celle confectionnée à Bruxelles emploie séparément ou conjointement les deux techniques : l’aiguille et le fuseau. La dentelle à l’aiguille est réalisée au moyen d’un fil et d’une aiguille. Le travail est fixé sur un poncif. Le fil de contour maintenu par quelques brides traverse l’ensemble. La dentelle aux fuseaux est réalisée sur un coussin au moyen de fil bobiné sur des fuseaux, d’épingles et d’un patron. 

De nombreux noms désignent la dentelle de Bruxelles et soulignent sa grande diversité depuis ses débuts au XVIe siècle jusqu’à son inéluctable disparition après la Première Guerre mondiale : 

Dentelle à pièces rapportées : dentelle aux fuseaux permettant la réalisation de grandes pièces par division du travail en plusieurs parties, chaque motif étant exécuté séparément

Dentelle Duchesse : dentelle fleurie aux fuseaux et médaillons à l’aiguille ainsi dénommée en l’honneur de la duchesse de Brabant, la future reine Marie-Henriette

Point d’Angleterre : dentelle aux fuseaux sur un fond de maille à l’aiguille

Point de gaze ou de rose : fond constitué d’un réseau de mailles exécuté à l’aiguille à l’aide d’un seul fil. Cette dentelle est aussi dénomée point de rose en raison du riche décor floral souvent composé de roses. 

Rosaline perlée : dentelle aux fuseaux à décor de fleurettes à cinq pétales et de feuilles stylisées reliées par des brides

Sans oublier le célèbre fond Drochel : fond à mailles hexagonales d’une extrême finesse réalisées aux fuseaux et constituant le décor principal des châles, étoles, manchettes et autres cols sous l’époque Louis XVI où les éléments décoratifs seront de plus en plus réduits et repoussés sur les bords.